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Publié sur 01 Net en janvier 2001 (la version publiée peut présenter de légères différences avec l'article ci-dessous) Digital Angel, un espion sous la peauAu top 50 des projets que n'aurait pas dénigré Aldous Huxley à l'écriture de son "Meilleur des mondes" figurerait sans doute "Digital Angel". A la fois terrifiant et enthousiasmant, le projet consiste à élaborer une puce électronique implantable sous la peau des humains ou des animaux. La puce - en réalité un système complexe miniaturisé à la taille d'une pièce de monnaie - se composerait de plusieurs sous-ensembles. D'un côté un dispositif susceptible de recueillir des données vitales, comme la pression artérielle, le niveau de globules blancs ou tout autre renseignement bio-chimique. De l'autre, un mécanisme de communication permettant d'échanger des informations avec des bases terrestres ou même des satellites, via un système de positionnement GPS. On conçoit vite l'intérêt du principe "d'ange numérique" : les capteurs enregistrent en permanence les données vitales du patient, et peuvent le cas échéant, à distance, alerter le médecin ou l'hôpital le plus proche, avant même que le porteur de la puce n'ait perçu les effets des troubles à venir. Une médecine d'un nouveau genre, capable d'anticiper (détection d'une attaque virale avant le 1er éternuement), d'alerter (même si le patient n'a pas son téléphone mobile) et de vous suivre où que vous soyez (positionnement GPS). L'idéal, en somme. Seulement voilà. La technique, pour prometteuse qu'elle soit, a aussi ses revers. Son concepteur, Applied Digital Solutions, en a imaginé de multiples usages. Protection des espèces en danger, identification des personnes à l'entrée des bâtiments, gestion des troupes militaires (permettant de surveiller en temps réel l'état de santé et la localisation d'une arméeŠ), lutte contre le kidnapping ou encore suivi des prisonniers en liberté conditionnelle. Et l'on s'aperçoit alors que du concept d'ange médical peut surgir celui d'un "grand frère" omniprésent et pas forcément plaisant. Car s'il est vrai que beaucoup de propriétaires d'animaux domestiques seraient prêts a faire "numériquement tatouer" leurs compagnons, la question prend une autre tournure avec les humains. La crainte du kidnapping peut elle justifier l'implant d'une puce sous la peau d'un enfant ? Si oui, à partir de - et jusqu'à - quel âge ? Et qui est responsable des données tant qu'il n'y a pas eu kidnapping ? Digital Angel soulève assurément une multitude de questions éthiques et morales. C'est même de ce point de vue un modèle du genre, qui regroupe tous les problèmes récurrents des technologies de l'information : libertés individuelles, responsabilité des données personnelles, modification d'organismes vivantsŠ tout y est. Sans compter les aspects techniques, qui peuvent également s'avérer problématiques. Pourra-t-on enlever la puce dix ou quinze ans après son implantation ? Comment assurer la confidentialité des informations et assurer par exemple qu'une tierce personne ne peut accéder en temps réel à vos données personnelles ? Et sachant que la puce peut communiquer avec l'extérieur, aura-t-on une quelconque garantie qu'on ne peut la contrôler aussi de l'extérieur (et donc modifier à distance le comportement des circuits électroniques implantés, brrrr). Bref, et même si nous n'en sommes pas encore à voir se généraliser ces "anges numériques", la chose a de quoi faire réfléchir. Car si l'on en croit Applied Digital Solutions, le marché ouvre des opportunités colossales, estimées à la bagatelle de 100 milliards de dollars (sic). Il va donc peut-être falloir s'habituer à ça. Et prévenir les adolescents que les premières bouffées de leur prochain joint pourraient bien déclencher une alarme sur le téléphone mobile de leurs parents. Applied Digital Solutions Digital Angel Cyril Fievet |
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