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Publié sur 01 Net en juillet 2002 (la version publiée peut présenter de légères différences avec l'article ci-dessous) In-Q-Tel : un investisseur pas comme les autresParmi les multiples investisseurs US, In-Q-Tel est un cas à part. Non seulement l'entreprise est un "investisseur privé à but non lucratif" (sic), mais elle appartient à un acteur dont le poids n'est pas que financier, la CIA. Une filiation pour le moins incongrue, qui vise à tisser des liens étroits entre le monde de l'espionnage, de la finance, et des technologies. "Notre mission est de découvrir des technologies innovantes, susceptibles d'aider la CIA et plus généralement la Communauté du Renseignement dans l'accomplissement de leur travail, tout en aidait la CIA à se maintenir à l'avant-garde.", explique-t-on chez In-Q-Tel. Pourtant, l'investisseur se défend d'être une simple branche de la CIA : "Nous sommes indépendants de la CIA, même si l'Agence et nous sommes étroitement liés". Plutôt que la recherche du profit, ce qui guide les investissements de cet atypique VC est donc l'utilité de produits ou de technologies pour la CIA et ses homologues. En somme, In-Q-Tel est un incubateur d'outils pour espions, qui recherche l'efficacité plus que le profit. Et surtout l'assurance d'établir des liens étroits entre les développeurs d'une technologie et ses utilisateurs. Tout cela n'est d'ailleurs pas confidentiel, et la liste des entreprises au portefeuille de In-Q-Tel est publique. Créé en 1999 et doté d'un budget annuel de 30 millions de $, l'investisseur a déjà financé une vingtaine d'entreprises, parmi lesquels, au risque de décevoir, ne figurent pas que des créateurs de produits pour espions (ou de l'idée que l'on s'en fait). Par exemple, Browse3D produit un navigateur Web original, permettant à l'utilisateur de visualiser l'ensemble des pages qu'il parcourt. Innovant, mais intuitivement pas essentiel pour le monde de l'espionnage. Néanmoins, plusieurs autres investissements sont directement liés à la problématique d'accès sécurisé à des données en ligne. C'est notamment le cas de Zaplet (gestionnaire d'email sécurisé, orienté serveur) ou de SafeWeb (produit de sécurisation d'extranet). Egalement logique par rapport aux besoins supposés de la CIA, Intelliseek propose des outils automatisés de recherche, d'agrégation de données et de gestion de la connaissance, applicables à de vastes volumes d'informations disparates, tandis que Graviton travaille à l'élaboration de capteurs pouvant communiquer entre eux sans fil. Au total, les entreprises au portefeuille de In-Q-Tel semblent parfois disparates, mais fournissent - et ce n'est pas le moindre de leur intérêt - une sorte de cartographie des technologies jugées utiles par la plus grosse agence de Renseignement au monde. Un intérêt que n'aurait sans doute pas dénigré "Q", le célèbre fournisseur de James Bond, qui a prêté son nom à l'investisseur... In-Q-Tel - www.inqtel.com Cyril Fievet |
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