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  Publié sur 01 Net en avril 2001
(la version publiée peut présenter de légères différences avec l'article ci-dessous)
 

Les ordinateurs reconfigurables, un nouveau paradigme


    Parmi les multiples tentatives visant à passer outre les limites de l'informatique traditionnelle, binaire et basée sur des circuits lithographiés sur des plaques de silicium, il en est une intuitivement attirante. Pourquoi se contenter de "hardware" figé, mis au point une fois pour toute en usine, et uniquement capable d'effectuer les tâches prévues lors de sa conception, avec des limites connues ?

    La société Star Bridge Systems a ainsi développé un modèle informatique intégralement basé sur son caractère "reconfigurable", tant pour le software que pour le hardware. Ce dernier est par exemple composé de puces "reprogrammables" appelées les FPGA (Field Programmable Gate Array). Mises aux points par plusieurs fabricants (dont Motorola et Altera), ces circuits constituent un ensemble de fonctions logiques (des "portes"), susceptibles d'être reconfigurées en temps réel en fonction des besoins. Ces composants sont placés sur des cartes élaborées par Star Bridge, dotées des habituels dispositifs de connexion (entrées/sorties audio et vidéo par exemple). Le tout est géré par un logiciel spécifique, Viva, chargé d'instancier les composants pour en optimiser en permanence les performances, et composer ce que l'entreprise appelle les "Processeurs Pensa".

    Aux dires du concepteur du système, le résultat est étonnant. L'un des deux ordinateurs mis au point, qualifié "d'Hypercomputer" et surnommé HAL-300, serait capable d'atteindre 12,8 TeraOps, soit près de 4 fois la vitesse de supercalculateurs récents. Le tout avec une machine de petite taille ("portable") et consommant l'énergie électrique d'un téléviseur. De plus, la prochaine génération de processeurs Pensa serait susceptible de constituer le cœur d'un ordinateur de bureau traditionnel, offrant des performances 1.000 fois supérieures à celle d'une machine avec Pentium...

    Mais en dehors des chiffres, forcément sujets à caution, la théorie est également attirante. Persuadé d'ouvrir une nouvelle voie dans l'évolution informatique, Star Bridge n'hésite pas à introduire de nouveaux concepts, associés à une nouvelle terminologie. Ainsi, le "gateware" désigne-t-il les composants hybrides qui composent ces "hypercomputers". Mélange de hardware piloté par du software, le dispositif échappe à la classification habituelle : il devient même difficile de dire, du logiciel ou du matériel, lequel des deux effectue les tâches... De la même façon, on parlera "d'architecture à la demande", pour exprimer le fait que les ordinateurs ne sont plus des ensembles figés, mais capables d'évoluer dynamiquement, à la volée.

    En tout état de cause, les ordinateurs de Star Bridge sont actuellement testés par la NASA et le Department of Defense états-unien. Rejoignant d'autres disciplines développant des concepts similaires (notamment les "Automates Cellulaires", utilisés en Intelligence Artificielle et simulant au niveau du hardware le comportement des cellules vivantes), le nouveau "paradigme" défendu par Star Bridge pourrait bien faire date.

    Star Bridge Systems

    Cyril Fievet

      

 
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