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  Publié sur 01 Net en septembre 2003
(la version publiée peut présenter de légères différences avec l'article ci-dessous)
 

Sony World Expo : humaniser la technologie


    Le show Sony qui s’est déroulé ce week-end à Paris a permis à la marque de marteler son credo : la technologie doit nous simplifier la vie et nous divertir. Les produits à base d’Intelligence Artificielle occupaient une part importante dans l’événement.

    Plusieurs milliers de personnes se pressaient dans le hall du Palais des Congrès dès l’ouverture du Sony World Expo, qui se tenait pour la première fois en Europe. Ballets de robots, concerts de rap, voitures sportives, rampes de skateboard ou décors de films, autant d’espaces ludiques destinés à mettre en scène la technologie numérique, et à rappeler le positionnement de Sony comme acteur majeur d’une (cyber)culture des loisirs.

    Vedette du show, QRIO était présenté pour la première fois en Europe. Connu jusqu’alors sous le nom de SDR-4X II, QRIO est le dernier né des robots humanoïdes conçus par Sony. Un miracle de miniaturisation, pour un robot de 58 cm de haut, capable de se déplacer sur deux jambes avec la souplesse d’un humain (en évitant les obstacles) ou de dialoguer en langage naturel (tout en hochant la tête). Au terme d’un ballet chorégraphié mettant en scène une demie-douzaine de robots se dandinant au rythme de la dance music, les spectateurs étaient conquis. “Vraiment impressionnant”, dit un étudiant. “Il a une voix d’enfant – c’est un bébé-robot ?”, demande une gamine à son père...

    Pourtant, si QRIO est l’un des robots anthropomorphiques les plus aboutis au monde, il ne s’agit pas encore de le commercialiser à court terme, tant son prix serait “inabordable”. “Il demeure un prototype, destiné à servir de vitrine technologique”, insiste-t-on chez Sony. Un responsable reconnaît toutefois que le robot va devenir la “mascotte” de Sony, symbolisant à la fois l’innovation et le caractère “humain” de ses produits. La gamme de robots personnels proposés par le constructeur nippon s’est toutefois enrichie d’un nouveau produit, le Aibo ERS-7. Cette troisième génération de robot-chien autonome se distingue par un design plus arrondi, mais surtout par des fonctions accrues (reconnaissance visuelle de formes et motifs, mémoire) et une carte Wi-Fi intégrée. Il sera disponible en Europe à partir de novembre, au prix de 2000 euros.

    Chez Sony, on admet que les ventes d’Aibo restent marginales, surtout en France : “Bien que le premier Aibo ait été introduit sur le marché en 1999, les français considèrent toujours qu’il s’agit d’un produit trop nouveau, et ne perçoivent pas encore l’ampleur que va prendre la robotique personnelle”, résume Ségolène Recoing, Chef de produit chez Sony France. “Bien que ces produits soient très populaires auprès du grand public, les français conservent une forme d’appréhension vis à vis d’un robot”, ajoute-t-elle, estimant que les propriétaires de Aibo en France sont “majoritairement des early adopters, contrairement au Japon ou à l’Angleterre”. “Dans 30 ans, je pense que l’industrie de la robotique personnelle sera plus grosse que l’industrie informatique”, rappelait pourtant récemment Toshitada Doi, Vice-Président de Sony.

    Une industrie naissante, donc, mais qui permet de mettre à profit l’expertise accumulée par 10 ans de recherche en Intelligence Artificielle appliquée. Sony présentait par exemple ce week-end un prototype “d’ordinateur intuitif”, le Vaio EQ. Technologiquement, le concept est “à mi-chemin entre Aibo et un ordinateur classique”. Il pourrait se composer d’une unité centrale, et d’un petit module indépendant que l’utilisateur emporte avec lui en permanence. Le module embarque une caméra, un dispositif de reconnaissance vocale et visuelle, et des capteurs biométriques. Doté - comme les robots Aibo - de multiples fonctions “intelligentes et autonomes”, il peut mémoriser les lieux et les situations, comprendre les centres d’intérêt de son utilisateur, et jouer le rôle d’une mémoire artificielle personnelle, “développant le potentiel humain”. Le EQ reste un concept, qui pourrait toutefois devenir réalité “dans 18 à 36 mois”.

    Cyril Fievet

      

 
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