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Publié sur 01 Net en septembre 2001 (la version publiée peut présenter de légères différences avec l'article ci-dessous) Websign : une réalité "trop" augmentée ?Le concept de "réalité augmentée" n'est pas nouveau. Il consiste à surimposer à la réalité des informations complémentaires et contextuelles, le plus souvent visualisées sur un écran portatif de type lunettes ou casque 3D. Mais le développement des outils mobiles et l'avènement des dispositifs de localisation semblent faire naître de nouvelles velléités au sein des laboratoires de recherche. Et tout à coup, la réalité augmentée paraît... très réelle. Chez Hewlett-Packard, on travaille sur un projet, Websign, qui consiste à généraliser la notion de réalité augmentée. Via des machines portables de type PDA, des informations contextuelles relatives à son environnement pourraient ainsi être reçues en temps réel par l'utilisateur. Mieux, ce dernier pourrait lui même enrichir ce qu'il voit "réellement" par ses propres annotations, consultables ultérieurement par d'autres personnes. Les applications d'un tel dispositif sont quasiment infinies. Par exemple, en approchant d'un bâtiment dans une ville inconnue, votre PDA vous informe sur les choses à y voir. Mais vous avez aussi la possibilité de consulter les impressions laissées par d'autres visiteurs avant vous, vous recommandant - ou non - le détour. Websign consiste donc à faire "parler" les rues, les immeubles ou la signalétique "réelle", en proposant un nouveau type d'informations, partageables entre usagers. Outre l'innovation du procédé en lui-même, une des spécificités imaginées par ses concepteurs est porteuse d'une petite révolution. La notion de types d'usagers. Selon votre identité, vous ne consulterez pas les mêmes informations. Ainsi, devant un immeuble donné, un étudiant en architecture se verra proposer des compléments sur la structure de l'édifice, tandis qu'un représentant commercial pourra accéder (sur le mode Intranet) à des informations confidentielles relatives à ses clients siégeant à cet endroit. Il ne s'agit donc plus seulement de réalité augmentée, mais bel et bien de "réalité multiple". Devant la même scène, tout le monde ne "lira" (ou "verra") pas la même chose. Mais la technologie a également de quoi inquiéter. D'abord sur la question du respect de la vie privée. Même si le système est "débrayable" et peu "intrusif", il n'en demeure pas moins un solide moyen de "traçabilité" des personnes. Le cache de nos navigateurs Web mémorise les sites sur lesquels nous "allons". Qu'en sera-t-il ici, dans un espace qui n'est plus virtuel mais bien réel ? N'y a-t-il pas un risque de voir se mettre en place un outil repérant chacun de nos pas, ou ce qui suscite notre attention tout au long de nos déplacements ? On peut également exprimer des craintes quant à la nature des informations proposées. Qui décide de l'endroit où placer des Websigns ? Et qui en contrôle la nature ? Consulter des critiques gastronomiques avant d'entrer dans un restaurant inconnu est une bonne chose. Encore faut-il être sûr que ces critiques n'émanent pas du restaurant lui-même... Car le véritable risque de la généralisation de ce type de système (et de tout procédé de localisation, du reste) est assurément l'utilisation marketing et publicitaire qui en sera faite. Bien utilisé, le dispositif peut être un vecteur d'enrichissement collectif des connaissances, tout en constituant un outil pratique utilisable en permanence. Mal utilisé, il peut devenir un répertoire de bandeaux publicitaires améliorés, qui viendraient se surimposer insidieusement et inutilement aux nombreux messages commerciaux qui nous abreuvent à longueur de jour. Websign est encore au stade de la recherche. Un prototype de PDA, incluant un dispositif GPS et un noyau hardware conçu sur-mes | ||