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Publié sur 01 Net en novembre 2002 (la version publiée peut présenter de légères différences avec l'article ci-dessous) Wi-Fi en France : polémique sur la puissanceDeux semaines après la publication par l'ART de ses directives relatives aux réseaux Wi-Fi, les avis divergent quant à "l'assouplisssement" dont il est officiellement question. Au cœur des débats figure la puissance maximale autorisée en émission. Dans le monde associatif, et plus généralement parmi les adeptes du Wi-Fi libre, on reconnaît volontiers que le texte de l'ART a ouvert la voie de la libéralisation. "Nous allons vers un assouplissement pour s'aligner sur le reste du monde et notamment la norme européenne", estime Marc Revial, de Wireless Fr. Pourtant, les modalités pratiques prévues par l'ART semblent insuffisantes à bon nombre de Wi-Fistes. Selon ces directives, et après acceptation des demandes d'expérimentation, la puissance d'émission devra rester limitée à 100mW. Le problème vient du fait que cette puissance n'est pas celle de l'antenne, mais la "Puissance Isotrope Rayonnée Equivalente" (PIRE), prenant en compte la puissance émise globalement. Concrètement, une antenne de 100mW dépasserait largement la puissance totale autorisée par l'ART. "Cela interdit quasiment la création des réseaux métropolitains (MAN), qui est le but de notre association. Cette limite est surtout favorable aux hotspots, donc aux opérateurs.", regrette Marc Revial. "Cela rend totalement impossible le déploiement d'un réseau communautaire libre", estime Stanislas Perrin, un radio-amateur qui anime une liste de diffusion sur le sujet. Toutefois, si dans les forums on parle "d'hypocrisie" ou de "fausse libéralisation", tous les Wi-Fistes ne se découragent pas. Provence Wireless, qui avait établi au printemps dernier l'une des premières expérimentations Wi-Fi en France, entend bien "rebrancher son installation" dès que sa demande d'expérimentation aura été acceptée. "Notre puissance nominale sera en fait de 33mw et avec les antennes que nous utiliserons, nous ne dépasserons pas les 100mw en puissance totale.", précise Guy Karaghiosian. Du reste, les associations locales entendent bien tenter leur chance et, sans savoir encore si la limite de puissance sera une contrainte ou non, effectuer leur demande d'expérimentation. A Metz, un dossier a été envoyé à la mairie. A Toulouse, on prépare une lettre à destination des fournisseurs d'accès Internet, et des "actions de communication auprès des médias". Des communiqués officiels, défendant le point de vue commun des associations sur le sujet sont d'ailleurs à l'étude. Reste à savoir ce qui justifie réellement la limite de puissance fixée par l'ART. La possibilité de brouillage des radars militaires par du matériel Wi-Fi est souvent évoquée. Pourtant, les spécialistes semblent dubitatifs sur la question. "Un émetteur Wi-Fi ne peut notablement brouiller un radar de tracking militaire, qui fonctionne à des puissances beaucoup plus élevées", explique Pierre-Emmanuel Volckringer, spécialiste des radars, ajoutant toutefois "qu'à proximité d'un récepteur, une émission radio, même de faible niveau, génère un champ électromagnétique pouvant limiter la portée du radar." Plus virulent, Stanislas Perrin s'interroge sur le cas particulier Wi-Fi, qui semble susciter des craintes injustifiées en matière de brouillage : "Les radioamateurs sont autorisés à utiliser 150Watts (sortie émetteur, ce qui peut faire jusqu'à 15 KiloWatts de PIRE avec une antenne) sur les mêmes fréquences. Et on veut nous faire croire que 100 milliWatts de PIRE pourrait gêner les équipements sensibles de la Défense ? On nous prend vraiment pour des idiots..." En tout état de cause, beaucoup souhaitent que cette limite soit revue à la hausse. "Nous espérons dans un avenir proche un assouplissement vers la limite des 500mW", résume Marc Revial. A l'ART, on précise que la limite d'émission à 100mW "a été fixée dans les décisions européennes", tout en précisant "qu'une évolution de ces normes doit faire l'objet de discussions dans le cadre de la CEPT (Conference Européenne des Administrations des Postes et des Télécommunications)". Aux Etats-Unis, la limite d'émission est fixée à 1000mW, dix fois plus qu'en France. Cyril Fievet |
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